À propos

Le MNQ et ses Sociétés affiliées participent activement à la campagne référendaire de 1980. La période qui suivra la défaite sera particulièrement difficile. Les militants des organisations souverainistes sont épuisés, déçus, démoralisés. Le climat de morosité post-référendaire n’épargne aucun groupe. Les Sociétés nationales et Saint-Jean-Baptiste, au diapason de la population, sont essoufflées. De plus, il y a des tensions parmi les membres quant aux orientations politiques qu’il convient désormais de privilégier. Le Mouvement réussit quand même à coordonner des opérations contre le rapatriement de la Constitution canadienne, mais le moral n’y est pas… Au Congrès de 1982, à la suite d’une tournée de consultation, les Sociétés adoptent même une résolution de dissolution de la Fédération.

 

Les bureaux sont alors fermés et le personnel remercié. Néanmoins, les Sociétés optent pour la désignation d’un porte-parole, soutenu par une équipe réduite. Malgré des ressources limitées, sans siège social et sans budget, le MNQ reste tout de même présent dans le débat politique : tenue d’assises régionales et nationales sur la souveraineté, interventions lors des commissions parlementaires, rencontres internationales de la francophonie, tournées, etc.

 

L’année 1984 marque le 150e anniversaire de la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste par Ludger Duvernay. Pour l’occasion, le gouvernement du Québec confie au MNQ la coordination de la Fête nationale du Québec. Ce mandat contribue grandement à remettre le MNQ sur la bonne voie.

 

© La Fête nationale du Québec dans la Capitale

© La Fête nationale du Québec dans la Capitale

 

En 1986, le Mouvement lance la campagne nationale « Québec, je t’aime en français » et distribue 250-000 sacs à travers le Québec. En 1988, il organise une tournée nationale sur le thème « Ça va mal à Montréal, et chez vous, comment, ça va ? » Durant les trois semaines que dure cette opération, le MNQ reçoit 136 mémoires. L’année suivante, il participe à l’Opération Québec français et à la Grande Marche du 12 mars contre le projet de loi 178. Il publie également 101 questions sur la situation linguistique. À la même période se tient une campagne de souscription en vue d’ériger une statue en bronze de Félix Leclerc, au parc Lafontaine à Montréal.

 

La deuxième moitié de la décennie est ainsi celle de la consolidation. En 1989, le MNQ fait l’acquisition d’un siège social et réembauche du personnel. Le Mouvement acquiert alors non seulement un immeuble, mais aussi la confiance des Sociétés affiliées. Après une période de désillusions, de questionnements et de repositionnement, le Mouvement est de nouveau sur les rails pour défendre les droits et intérêts de la société québécoise qui reprend aussi progressivement confiance en l’avenir.

 

 

 

Meech, Charlottetown et la loi 86

Les grands débats constitutionnels ont repris de plus belle. En 1990, le MNQ fait campagne contre l’Accord du Lac Meech puis joint ensuite sa voix à celle de tous ceux qui réclament la souveraineté du Québec. Le MNQ participe aussi activement à la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec (Bélanger-Campeau) en présentant le mémoire Sans les moyens d’un pays complet, le Québec ne fera bientôt plus le poids. Par la suite, il participe à la création de Mouvement Québec dont l’objectif est de faire pression sur le gouvernement de Robert Bourassa afin que celui-ci donne suite aux recommandations de la Commission.

 

Mouvement Québec ne réussit pas à influencer le gouvernement libéral qui accepte finalement, à l’été 1992, de nouvelles offres fédérales. Les organismes de la coalition, dont le MNQ, s’unissent à nouveau pour faire campagne contre l’Accord de Charlottetown. L’expérience de Mouvement Québec permet de créer de nouvelles habitudes de travail entre différents organismes de la société civile. Leur participation active aux discussions sur l’avenir du Québec a pour effet d’accentuer le contenu social du projet de souveraineté.

 

En plus du dossier constitutionnel, les questions linguistiques et démographiques retiennent l’attention. En 1993, le MNQ participe à la mise sur pied de la Coalition nationale contre le projet de loi 86. Malgré tous les efforts de la Coalition, le projet de loi est adopté et a pour effet d’amoindrir considérablement la Charte de la langue française. Durant la même période, il tient une vaste consultation à travers le Québec qui se conclut par la publication du Manifeste pour une politique globale de la population.

 

 

 

Remettre la souveraineté à l’élan créateur des citoyens

À partir de 1994, le MNQ accorde plus d’importance aux questions d’éducation et de citoyenneté. Il se préoccupe plus que jamais des rapports entre les Québécois de toutes origines et il poursuit, dans ses prises de position, des objectifs d’ouverture à la diversité. Dans cette optique, il participe à différentes commissions parlementaires, notamment aux États généraux sur l’éducation en 1995 où il demande la déconfessionnalisation des structures scolaires.

 

Le Parti Québécois reprend le pouvoir à l’automne 1994 et promet la tenue d’un référendum sur la souveraineté pour l’année suivante. Fort de l’expérience de Mouvement Québec et convaincu qu’il faut remettre le projet de souveraineté à l’élan créateur des citoyennes et des citoyens, le MNQ travaille avec acharnement à mettre sur pied la coalition Partenaires pour la souveraineté. Dès l’été 1994, plusieurs Sociétés nationales et Saint-Jean-Baptiste s’associent à d’autres organismes de la société civile pour former des tables de concertation dans différentes régions du Québec. La table nationale est créée au début de 1995; à la veille de la campagne référendaire, elle regroupe seize organismes nationaux. Durant toute l’année, la coalition mène sa propre campagne dans une perspective de solidarité, de progrès social et d’épanouissement de la culture québécoise.